Quels ministres pour quelle mission  ?

Nos prochains synodes régionaux et nationaux vont traiter le grand sujet de la mission de l’Église et des ministères qu’elle doit se donner pour la remplir. Question importante, et qui appelle à conjuguer fidélité à l’Evangile de Jésus-Christ et imagination pour le transmettre aujourd’hui, dans un monde en mutation quasi permanente.

Expérience vécue il y a quelque temps lors d’un rencontre de pasteurs : certains, notamment en poste en milieu rural, exprimaient du découragement devant les obstacles qu’ils rencontrent : L’attachement sentimental excessif aux bâtiments qu’on veut garder à tout prix, alors qu’ils ne répondent plus aux besoins réels de la vie communautaire. L’esprit de clocher qui fait échouer les regroupements pour un culte dominical ou autre activité de secteur. La quasi-absence des jeunes générations, des ménages débordés d’activité professionnelle, qui n’ont pour souffler et se retrouver en famille que le dimanche, ou qui sont tout simplement indifférents. Les kermesses et autres traditions qui absorbent l’énergie aux dépens d’un projet missionnaire, les « animations » qui tiennent lieu d’évangélisation… Voire des conseils presbytéraux où il n’est question que de finances et d’administration. Bref, bien des ministres ont le sentiment d’être au service d’une institution tournée vers l’unique souci de sa propre survie. Alors que l’Église n’a pas son sens en elle-même mais dans la mission qui lui est confiée d’annoncer Jésus-Christ.

Le moral des aumôniers n’est pas forcément plus élevé que celui des pasteurs de paroisse, de par leur isolement, voire la méfiance que suscitent aujourd’hui une présence et une affirmation chrétienne dans l’espace public, hors des murs de nos temples.

Cette année 2022 marque le centenaire d’un grand réveil dans des Eglises réformées du sud de la Drome (également rurales, ce qui prouve qu’il n’y a pas de fatalité sociologique). Elles étaient, voici un siècle, bien assoupies. Ce réveil a essaimé, notamment dans les Cévennes, où fut créée une convention chrétienne qui vient de fêter sa 90e édition. Trois éléments ont conditionné et marqué ce renouveau des Eglises et des coeurs :

-Un esprit, une volonté de consécration, y compris chez les pasteurs eux-mêmes. Le réveil a commencé par le témoignage d’une fermière lors d’un culte au petit temple d’Establet. Elle a déclaré qu’elle avait jusqu’alors vécu pour elle-même, sa famille et ses biens, et qu’elle voulait désormais vivre pour Dieu. Je rêve d’un culte, d’un synode où, comme à Establet ce jour d’août 1922, toute une assemblée ou presque s’est mise à genoux à la suite de ce témoignage de repentance. Les larmes qui ont coulé alors n’avaient rien à voir avec l’esprit geignard qui pleure sur le passé glorieux de nos Eglises, et se désole du présent. Voudrons-nous enfin mourir à nous-mêmes pour ressusciter à une vie de foi enthousiaste ?

-Un esprit d’équipe : les pasteurs prêchaient ensemble, à tour de rôle, dans une profonde unité spirituelle et théologique. A méditer alors que nous nous gargarisons de notre pluralisme doctrinal, de notre « esprit d’ouverture » ; certes respectueux des opinions de chacun, mais au risque d’une dilution de l’Evangile, du relativisme et de la dispersion, voire de la division.

-Enfin, une prédication exigeante, qui peut se résumer ainsi : « Dieu nous aime tels que nous sommes, mais ne se contente pas de ce que nous sommes ». Les réunions lors des conventions se concluaient par un appel clair à se décider pour Jésus-Christ et à entrer dans une vie nouvelle.

Le réveil est l’oeuvre du Saint-Esprit, il ne se décrète ni ne se programme, même à coups de textes synodaux ! Mais il se prépare et s’accueille. Alors, chiche ?

Christophe Desplanque

6 réflexions au sujet de « Quels ministres pour quelle mission  ? »

    1. Merci Christophe pour cette invitation à … tout simplement… vivre comme Jésus lui-même pour être Lumière aujourd’hui, ici, maintenant, vraiment et… SIMPLEMENT !

  1. Super! Amen!Amen!Amen! Merci beaucoup pour ce message qui nous concerne tous. Que l’Esprit Saint souffle puissamment sur nos églises pour y ramener la Vie Spirituelle …..

  2. Excellent ! Merci Christophe ! C’est exactement ce qu’il se passe dans les paroisses rurales ! Oui ! Il est encore temps de se repentir à genoux et de recevoir la grâce d’un réveil par l’Esprit Saint!

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