Une Église qui croît ou une Église qui doute ?

A l’occasion du synode national de mai dernier, le journal la Croix a publié un article : « L’Église protestante unie, dix ans « d’unité dans la diversité  » ou avec en ligne le titre : « L’Église protestante unie de France a-t- elle trouvé sa place ? »

Comment à sa lecture ne pas s’interroger sur le raccourci saisissant entre le fait énoncé par le Sociologue Jean Paul Willaime : « en neuf ans, de 2013 à 2022, le nombre de foyers participant à la vie financière de l’EPUdF a diminué de 24 % » et le commentaire de la Présidente du Conseil national de notre Église, Emmanuelle Seyboldt : « Notre ADN est l’interrogation permanente. On remet en question ce que l’on croit, ce que l’on pense, on dialogue, on débat… ». Comment ne pas faire le lien entre ces deux points.

En effet je n’avais pas compris que l’ADN de l’Église était le doute permanent, la remise en cause perpétuelle de ce que l’on croit … Je croyais naïvement au contraire que l’Église assumait de proclamer avec assurance l’Évangile et que la particularité de l’EPUdF était la fidélité au message de la Réforme et notamment la puissance des Solae. Je n’avais pas compris que notre ADN était de remettre en cause et de débattre ces fondements de notre communion.

Dans une Église qui se veut « Église de témoins » la question se pose de façon cruciale : « Témoins de Quoi ? témoins de Qui ? »

Je ne crois pas que l’ADN de notre Église soit l’interrogation permanente de ce que nous croyons. Je pense au contraire que sa vocation est d’assumer le message de l’Évangile même dans ce qu’il a de perturbant et de scandaleux pour notre monde.

Je crois sans aucun doute que le péché nous sépare radicalement du Dieu d’amour et que c’est la mort et la résurrection de Jésus qui nous permettent de retrouver la paix et la communion avec Dieu par le Saint Esprit.

Le défi pour nous c’est de pouvoir témoigner fidèlement du message de l’Évangile selon des modalités audibles par les hommes et les femmes de notre temps. Si nous devons nous interroger de façon permanente c’est sur notre capacité à annoncer l’Évangile pour que sa puissance de vie vienne transformer les hommes et les femmes qui le recevront.


René Lo Negro, Président du mouvement